Vendredi dernier, devant une délégation d’évêques écossais, le pape Benoît XVI a déploré le sécularisme et ses conséquences pour la société civile: « Le soutien en faveur de l’euthanasie frappe au coeur même de la compréhension de la dignité de la vie humaine »; c’est un signe de « la montée croissante du sécularisme » en Ecosse. Un projet de « loi sur la fin de vie » visant à légaliser le suicide assisté a en effet été présenté en janvier au parlement écossais.
Il est « inacceptable » pour l’Eglise catholique de faire des compromis, « même légèrement »en ce qui concerne l’euthanasie. Car « si l’enseignement de l’Eglise est transigée, même légèrement, dans un de ses domaines, il devient alors difficile de défendre la plénitude de la doctrine catholique d’une mainière intégrale ».
La pape a en outre encouragé vendredi les évêques écossais à faire entendre leur voix dans la société civile: « Une forte présence catholique dans les médias, dans la politique aux niveaux local et national (…) ne peut qu’enrichir la vie de la nation écossaise, car les croyants témoignent de la vérité, surtout quand cette vérité est remise en question ».
« Bien trop souvent la doctrine de l’Eglise est perçue comme une série d’interdictions et de positions rétrogrades, alors qu’en réalité, comme nous le savons, elle est créative et source de vie« , a-t-il expliqué.
sources: extraits de AFP 02/05/10 16h13 et Vatican City (AsiaNews)
Seigneur mon Dieu, dès aujourd’hui, j’accepte de votre main, volontiers et de bon coeur, le genre de mort qu’il vous plaira de m’envoyer, avec toutes ses angoisses, toutes ses peines et toutes ses douleurs.
Saint Pie X; indulgence plénière.

A l’origine du projet de loi pro-euthanasie l’affaire Humbert…
Une fois sortie du coma et jusqu’à la fin Vincent Humbert ne souffrait pas du tout physiquement d’après le kiné qui l’a suivi durant les deux années précédent sa mort.
D’après le témoignage de son kiné, propos confirmés par une enquête, Vincent Humbert contrairement à ce qui a été dit, n’était pas tétraplégique au sens médical du terme (moelle épinière non atteinte) mais hémiplégique et il était seulement mal voyant et non aveugle.
Il pouvait regarder la télé et suivait avec assiduité les matches et en discutait longuement avec son kiné à qui il répondait à l’aide de son pouce. Car il entendait et avait la motricité du bras droit jusqu’au coude.
Il aimait aussi à plaisanter et bavarder longuement avec son kiné. Ceci jusqu’à la veille de sa mort encore.
Suite à un traumatisme crânien, Vincent était frappé du syndrome frontal qui lui donnait horreur du changement et l’empêchait de modifier ses jugements une fois posés.
Sa mère espéra longtemps qu’il récupérerait intégralement toutes ses facultés. Lorsqu’après deux ans de rééducation l’état de Vincent devint stagnant, sans espoir de retrouver sa motricité intégrale, sa mère fut extrêmement déçue et refusa d’accepter la situation. Son fils devait quitter le service de rééducation avec le kiné qu’il appréciait énormément pour aller dans une maison d’accueil spécialisée où on devait lui proposer un projet de vie adaptée
Du fait de son syndrome frontal, Vincent refusait tout changement et sa mère craignait qu’il ne se plaise pas dans sa maison d’accueil. A ce moment là elle était extrêmement fragile psychologiquement et c’est alors que des associations pro euthanasie la contactent. C’est alors qu’elle commence à changer. Un journaliste local arrive un jour dans la chambre de Vincent, Marie le présenta comme un ami de son fils. C’est la première médiatisation et le début de l’affaire Humbert : la demande de mourir adressée au président de la République dans un journal national. Demande refusée mais le président lui promettait toute l’assistance matérielle possible. Vincent reçu alors de nombreuses lettres, il était très heureux qu’on pense à lui.
D’après le kiné le style de la lettre n’était pas du tout celui de Vincent. C’est une monitrice éducatrice qui le connaissait peu qui se chargea de la rédiger sans en informer même la mère de Vincent alors que celui-ci était sous tutelle.
Du fait de la législation le président ne pouvait pas donner une suite favorable à cette demande.
Le but évident était la médiatisation de l’affaire. La lettre fut publiée trois jours plus tard en première page dans un journal local puis national. De même pour le livre soi disant écrit par lui :
« « Titi avait fait cela pour s’amuser et ne parlait de personne », m’affirma sa mère. J’avais pourtant vu quelques noms et prénoms dans mon rapide coup d’œil. En kiné, le lendemain, j’ai parlé de ce livre à Vincent. On en a ri ensemble, il me promit une dédicace particulière, tout cela sous forme de blagues. »
sources: sosfindevie: Le Kiné de Vincent parle …
Comme son fondateur, l’Eglise n’est jamais restée indifférente devant la souffrance d’autrui ; c’est d’ailleurs elle qui a créé le premier système d’assistance médicale publique au monde : songeons notamment aux dispensaires des monastères, puis au réseau d’hôtels-Dieu, c.-à-d. d’hôpitaux, émaillant toute l’Europe où riches et pauvres recevaient les mêmes soins, dans des lits identiques. On peut le constater par exemple en visitant l’hospice de Beaune ou bien l’hôtel-Dieu de Tournus (aujourd’hui musée Greuze) dans lequel officiaient des religieuses jusque dans les années 60 et où les salles communes ne furent fermées qu’en 1978.
La personne en grande souffrance, qu’elle soit physique ou psychique, a besoin et a droit à toute la sollicitude possible du corps social ; celle-ci passe non seulement par les actes médicaux de toutes natures qui s’avèrent nécessaires pour amener à la guérison ou, selon le cas, pour atténuer cette souffrance, mais également par le réconfort moral, c’est à dire la manifestation concrète de la compassion.
Cependant, quand bien même cela procéderait – s’agissant d’une partie des partisans de l’euthanasie – d’une authentique sollicitude pour les personnes en situation de grande souffrance, est-il pour autant concevable de légaliser une nouvelle transgression de l’interdit de tuer, en votant, au nom du peuple français, une loi octroyant au corps médical le pouvoir de provoquer la mort d’individus, éventuellement de certaines catégories d’individus ?
François BURLE dans la lettre aux élus n°3 du 06/01/10 VERS UN «DROIT A LA MORT » EVOLUANT VERS UN DROIT DE VIE E T DE MORT ? page 1
Aujourd’hui, affirmer sa foi catholique, enseigner et la transmettre avec fidélité est un acte « stupéfiant »…et dangereux pour le « bien-vivre ensemble » libéral!

« Monseigneur Léonard est contre les préservatifs, l’avortement et l’euthanasie« . La nouvelle fait grand bruit, la presse francophone belge se lamente et souligne le décalage « entre les positions vaticanes, prônées avec un prosélytisme sans complexe par Mgr Léonard, sur l’euthanasie, le divorce, la bioéthique, l’homosexualité, et les évolutions de la société belge, qui loi après loi, est devenue la plus progressiste d’Europe ».
La nomination du nouveau Primat de Belgique Mgr André-Mutien Léonard fait même trembler le gouvernement. La ministre de la « santé » Laurette Onkelinx a tout simplement expliqué son aversion: « Sur le sida: il conteste l’utilisation du préservatif alors que de gens en meurent tous les jours. Il est contre l’avortement et l’euthanasie… Le choix du pape pourrait remettre en cause ce compromis qui permet de vivre les uns avec les autres dans le respect de chacun« (Laurette Onkelinx, BEL RTL, 18/01/10). La vigilance pro-vie est emminement politique. Les catholiques ne devraient jamais rougir de leur foi, laisser passer des lois anti-catholiques ou soutenir des gouvernements contre la vie . « Monseigneur Léonard a déjà contesté régulièrement les décisions du Parlement » (Laurette Onkelinx, BEL RTL, 18/01/10).
voir aussi: Le Belge Jean-Jacques De Gucht n’aime pas les hôpitaux catholiques
Etat végétatif: 41% des patients sont mal diagnostiqués (et risquent d’être euthanasiés en Belgique)
Etant donné la prise en conscience de l’inadaptation des soins pour les mourants, il n’est pas étonnant qu’à la question « Êtes-vous pour l’euthanasie? », la plupart des gens répondent qu’ils le sont. D’autres questions révèlent pourtant qu’ils entendent par là qu’ils préfèreraient mourir sans souffrance plutôt qu’avec douleur. Si on leur demande » en cas de stade terminal, préfèreriez-vous avoir un traitement de confort ou votre vie arrêtée par un médecin? », leurs réponses sont assez différentes.
Un point de vue médical, éthique, légal et psychosocial Jathleen Foley, M.D., et Herbert Hendin, M.D.
L’Etat du Nord-est des États-Unis du New Hampshire a failli être le quatrième Etat américain à autoriser l’euthanasie. La chambre des députés à rejeter à 242 voix contre une mesure qui aurait permis aux médecins de prescrire des pillules euthanasiques aux patients qui l’auraient souhaité pour qu’ils se les administrent eux-mêmes.
Alex Schadenberg, président de l’Euthanasia Prevention Coalition, a déclaré hier sur LifeNews.com que Margaret Dore et les membres de la coalition ont travaillé dur pour empêcher que ne passe cette proposition de loi barbare. « Ce vote prouve que le suicide assisté est source de violence envers les personnes âgées et que le « choix » est un mensonge ».
Le texte présenté par le député Charles Weed HB304 devait s’appliquer aux patients adultes, « capables » et résident au New Hampshire OU suivi par un établissement de santé de l’Etat…Il s’agissait en fait d’une « généreuse » porte ouverte à tous les résidents des Etats voisins de la Nouvelle-Angleterre (le Massachusetts, le Vermont et le Maine)!
Dans cette bataille contre la culture de mort, l’avocat spécialisé en bioéthique Wesley J. Smith a très justement décrit le mode d’action des lobbies pro-mort: « les partisans du suicide assisté sont culturellement impérialistes. Ils prétendent seulement vouloir un changement limité de la loi et de la culture mais, en fait, ils recherchent à étendre le droit à l’euthanasie/au suicide assisté à travers l’utilisation de définitions vidées de leurs sens et de pseudo restrictions « .
I Définitions et opinions
II L’euthanasie comme homicide
III L’euthanasie comme suicide
Euthanasie : définition étymologique : ευθανασία – ευ, bien, θανατ mort. Littéralement, cela signifie une bonne mort, c’est-à-dire dans de bonnes conditions.

définition courante : « ensemble des pratiques et méthodes utilisées pour abréger une agonie.
Mort : Séparation de l’âme et du corps
Opinions et précurseurs :
Le premier philosophe à défendre la pratique la pratique de l’euthanasie est Hégésias de Cyrène (≈300 av. J-C) de l’école des Cyrénaïques. En bref, la seule fin de l’homme est le bonheur, et celui-ci consiste dans le plaisir seulement ; la mort est la seule solution aux souffrances de la vie.
Ce concept sera ensuite défendu par Thomas More dans son Utopie (1516), où il parle de « voluntary death ».
Enfin, les plus grands théoriciens, et applicateurs, de l’euthanasie sont les hommes nourris par l’idéologie du IIIème Reich. C’est par le mot d’euthanasie que l’on désigne le programme de mis en place d’Octobre 1939 à Août 1941 pour éliminer systématiquement les handicapés mentaux et les vieillards impotents.

S’intéresser à la mort ne surprend personne, en ces temps troublés où sont débattus des problèmes d’éthique sur la conception de la vie et de la mort. Mais pourquoi s’intéresser à la mort en Occident ?
Précisons donc en guise d’introduction que l’attitude devant la mort de nos cultures chrétiennes occidentales est à distinguer clairement de celles des cultures orientales ou africaines, qui nourrissent bien souvent encore à l’égard de la vie – et donc de la vieillesse – un respect que nous ne connaissons plus. Il nous suffira de constater combien le mot de « vieillard » ou de « vieux » est devenu péjoratif en Occident, là où l’Afrique, elle, y voit une sagesse à laquelle on rend hommage et un honneur qui force l’estime. On s’incline devant la vieillesse en terre africaine, là où l’Occident, lui, raille facilement et ricane d’un air entendu.
Il ne faudrait pas néanmoins conclure trop rapidement que les sociétés plus traditionnelles, comme le sont toujours aujourd’hui les sociétés africaines, mais comme le furent également nos sociétés occidentales dans le passé, avaient un plus grand respect des morts. Rien de moins évident, en effet, si l’on regarde les sépultures longtemps exiguës et anonymes, les entassements des corps, les fosses réemployées, les os parfois entassés dans des charniers dans l’indifférence collective. Cette rapide étude nous permettra donc de voir plus clairement l’état d’esprit de nos aïeux face à la mort et d’éviter les a priori, auquel nous pourrons confronter nos regards d’hommes du XXIè siècle. Pour cela, nous nous appuierons notamment sur les ouvrages très complets de Philippe Ariès : Essai sur l’histoire de la mort en Occident du Moyen-Age à nos jours et L’homme devant la mort, parus respectivement au Seuil en 1975 et 1977. Nous en reprendrons les termes, en envisageant tout d’abord l’idée de « mort apprivoisée » (Moyen-Age), puis celle de « mort de soi » (individualisation de la mort), « mort de toi » (refus de la mort de l’autre), et enfin de « mort inversée » et de « mort interdite » dans nos sociétés modernes.
Si cela peut paraître ambitieux de s’attaquer à une si longue période pour une si courte étude, rappelons simplement qu’il convient parfois de « dilater son champ de vision », car une chronologie trop courte nous ferait courir le risque d’un « anachronisme de compréhension », selon l’expression même de Philippe Ariès. N’ayons donc pas peur d’embrasser les siècles, et voyons tout d’abord quelle est l’attitude de la société occidentale face à la mort au Moyen-Age, avant d’avancer dans les siècles jusqu’à nos jours.
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La Mort et le bucheron
Un pauvre Bûcheron tout couvert de ramée, Jean de LA FONTAINE (1621-1695) |
Le 31 Décembre 2009, l’Etat du Montana légalise définitivement l’euthanasie : “we find nothing in Montana Supreme Court precedent or Montana statutes indicating that physician aid in dying is against public policy.” Les médecins peuvent donc désormais prescrire des doses létales de médicaments à leurs patients s’ils ont la force de s’administrer eux-mêmes le poison.
En décembre 2008, un juge avait pourtant annulé la loi fédérale interdisant le suicide assisté par le médecin dans une décision portant sur une affaire impliquant un homme atteint d’un cancer en phase terminale (Baxter v. Montana). Le débat s’était alors focalisé sur la constitutionnalité du texte. Pour aller plus loin : l’analyse de Jeanne Smits.
Le Montana n’est pas le premier Etat américain à autoriser le suicide médicalement assisté. Idolâtrant les libertés individuelles, les Etats progressistes du Nord-Ouest Américain s’engouffrent les uns après les autres dans la spirale de la mort.
1994 : les électeurs ont approuvé l’Oregon Death with Dignity Act autorisant le suicide assisté par un médecin pour les malades incurables ayant une espérance de vie inférieure à 6 mois.
1994-1997 : le texte jugé inconstitutionnel est bloqué puis entre en vigueur
En Oregon, le nombre de suicides assistés augmente régulièrement alors que diminue le nombre de patients dirigés en psychiatrie après avoir demandé le suicide assisté. Les patients qui pourraient retrouver le goût de vivre ne reçoivent pas les soins auxquels ils ont droit! Le Régime d’assurance-maladie de l’Oregon considère le suicide médicalement assisté comme une forme de soins palliatifs; il remboursera dorénavant le suicide assisté plutôt qu’une chimiothérapie dispendieuse, dans les cas de cancer avancé…
4 Novembre 2008 : les électeurs approuvent l’Initiative 1000
5 Mars 2009 : Le texte entre en vigueur. Comme dans l’Oregon, les malades en phase terminale ayant une espérance de vie inférieure à 6 mois peuvent demander à leurs médecins une prescription afin de mettre fin à leur vie. Toutefois, des garanties supplémentaires ont été mises en place afin d’éviter des « dérives ». Le patient sollicitant un médicament mortel doit être majeur et résident permanent dans l’Etat. Sa demande doit être orale (deux fois) puis écrite avec deux témoins sans relation avec le patient (qu’elle soit familiale ou de toute autre nature). Le médecin traitant pourra cependant être témoin.
Dans le Maine, un texte similaire a été défait, les parlements du Vermont et de Californie bloquent encore des projets de lois pro-euthanasie…mais pour combien de temps ? Le golden State a déjà adopté en Mai 2008 une loi permettant aux patients en fin de vie de choisir entre des soins palliatifs, une sédation terminale, un arrêt de l’alimentation et/ou de l’hydratation…